Jour après Jour
22 Sept
1938
CS/DE/GB
À Bad Godesberg, nouvelle rencontre de Hitler avec Chamberlain (fin : 23.09.38). Londres annonce qu’elle a obtenu l’accord des Tchèques pour la cession des Sudètes, mais le Führer demande ‘’immédiatement‘’ l’occupation des Sudètes par l’armée allemande car, dit-il, la situation a changé : le projet franco-britannique implique des délais trop longs (alors que le nombre de victimes augmente d’heure en heure sur le terrain), la Pologne et la Hongrie ont émis, elles aussi, des revendications, etc. En soirée, Chamberlain informe Londres des nouvelles revendications du Führer.
Tchécoslovaquie, Allemagne, Grande-Bretagne
23 Sept
1938
CS/DE/GB
À Bad Godesberg, nouveau entretien de Hitler avec Chamberlain. Le Führer remet un mémorandum (évacuation des Sudètes par l’armée et la police tchèque, transfert du territoire à l’Allemagne, organisation d’un plébiscite dans les Sudètes pour le 25 novembre au plus tard, etc.). La mobilisation générale en Tchécoslovaquie est annoncée pendant qu’ils discutaient. Hitler rebondit et demande maintenant que le territoire des Sudètes soit remis à l’Allemagne pour le 1er octobre. Chamberlin constate qu’il est inutile de continuer la discussion et repart pour Londres.
Tchécoslovaquie, Allemagne, Grande-Bretagne
23 Sept
1938
IT/RO
À Rome, entretien de Ciano avec Alexandru Duiliu Zamfirescu, le ministre roumain en Italie. La Roumanie : (1) continue à refuser le passage des troupes russes à travers son territoire, (2) comprend que des territoire tchèques ‘’purement magyars‘’ retournent à la Hongrie mais n’accepte pas que Budapest ait des revendications sur des territoires habités par d’autres populations (la Slovaquie par exemple). Dans ce cadre, Bucarest demande à l’Italie d’exercer une ‘’action modératrice‘’ sur la Hongrie. À la demande de Ciano concernant l’attitude de la Roumanie en cas de conflit russo-polonais, Zamfirescu affirme que le gouvernement roumain se rangera du côté de la Pologne.
Italie, Roumanie
23 Sept
1938
FR/PL
À Varsovie, entretien de Beck avec Noël, ambassadeur français. Paris attire l’attention au gouvernement polonais sur sa responsabilité, au cas où la Pologne s’associera à une action allemande contre la Tchécoslovaquie.
France, Pologne
24 Sept
1938
CS/DE
Berlin donne un délai de 6 jours à la Tchécoslovaquie pour évacuer les Sudètes.
Tchécoslovaquie, Allemagne
24 Sept
1938
CS/FR/GB
Jan Masaryk remet à Chamberlain la réponse officielle de Prague aux demandes de Hitler. Ces revendications sont ‘’absolument et inconditionnellement inacceptables‘’ pour le gouvernement tchèque.
Tchécoslovaquie, France, Grande-Bretagne
24 Sept
1938
CH/DE/FR/IT
Note du gouvernement suisse à Paris, Berlin et Rome qui leur demande de s’engager à maintenir, ‘’même en temps de guerre, les fournitures à la Suisse de denrées alimentaires essentielles‘’.
Suisse, Allemagne, France, Italie
24 Sept
1938
FR
Rappel des réservistes.
France
25 Sept
1938
CS/FR/PL
Lors d’un entretien avec l’ambassadeur Lacroix, en abordant le sujet des relations entre la Tchéquie et la Pologne, Benes laisse l’impression d’accepter la cession du district de Teschen si cela pourrait améliorer les relations entre les deux pays.
Tchécoslovaquie, France, Pologne
25 Sept
1938
DE/FR/GB
À Londres, entretien de Chamberlain et Halifax avec Bonnet et Daladier. Ils rejettent le mémorandum allemand (23.09.38) et menacent Hitler d’employer la force (si la France se trouve entraînée dans un conflit avec l’Allemagne, en vertu de ses engagements, alors Londres ‘’se sentirait obligé de lui venir en aide‘’).
Allemagne, France, Grande-Bretagne
26 Sept
1938
DE/FR/GB
Vers 17 heures, Hitler reçoit Sir Horace Wilson qui est venu lui dire que le gouvernement tchèque considère comme inacceptable le mémorandum allemand (remis à Bad Godesberg). Hitler répond en affirmant que, si c’est la réponse de Prague, alors ‘’ce sera la guerre‘’. La menace d’une entrée en guerre de la France et ensuite de la Grande-Bretagne le laissant ‘’indifférent‘’ (‘’Je suis prêt à toute éventualité‘’, dit-il).
Allemagne, France, Grande-Bretagne
26 Sept
1938
DE
Vers 20 heures, discours de Hitler au Sportpaleis. Il affirme qu’il n’y a plus de différends territoriaux avec la France ; qu’il est prêt à laisser les Anglais assurer l’ordre pendant le plébiscite en Sudètes (pourtant, les Tchèques refusaient le plébiscite) ; qu’une fois réglée la crise des Sudètes, il n’y aura plus de problème territorial entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne, etc. Finalement, il menace d’une guerre si les Sudètes ne sont pas rendus avant le 1er octobre.
Allemagne
26 Sept
1938
FR
Mobilisation partielle.
France
26 Sept
1938
FR/GB
À Paris, Sir Eric Phipps voit plusieurs fois Bonnet. Dans une note envoyée à son gouvernement, Phipps estime que si l’Allemagne attaque la Tchécoslovaquie elle l’écrasera vite, avant même que la France ne réagisse, et que le monde sera mis devant le fait accompli. Dans cette situation, Londres demande au gouvernement français que ‘’toute action française‘’ soit ‘’concertée‘’ avec la Grande-Bretagne (surtout en sachant qu’une action française serait susceptible de déclencher une guerre mondiale ‘’sans avoir aucun effet pour sauver la Tchécoslovaquie‘’).
France, Grande-Bretagne
26 Sept
1938
GB
Mobilisation de la flotte.
Grande-Bretagne
27 Sept
1938
CS/DE
De Prague, Rudolf Toussaint, l’attache militaire de l’Allemagne, estime que la mobilisation tchèque concerne près de 800 000 hommes (l’Allemagne disposait de 800 000 hommes pour couvrir ses frontières avec la Tchécoslovaquie et la France).
Tchécoslovaquie, Allemagne
27 Sept
1938
CS/RO/YU/PE
La Roumanie et la Yougoslavie avertissent la Hongrie de prendre des mesures militaires contre elle, si celle-ci attaque la Tchécoslovaquie.
Tchécoslovaquie, Roumanie, Yougoslavie
27 Sept
1938
DE/FR
De Paris, l’attaché militaire allemand avertit l’OKW et le ministère des Affaires étrangères que la mobilisation ‘’partielle’’ française ressemble à une mobilisation totale. La France semble déployer 65 divisions sur leur frontière avec l’Allemagne (devant les 12 divisions allemandes).
Allemagne, France
27 Sept
1938
DE/GB
Dans la matinée, entretien de Hitler avec Horace Wilson. Les Tchèques, dit le Führer, sont libres d’accepter ou de rejeter sa demande (s’ils la rejettent, il s’engage à détruire la Tchécoslovaquie). Wilson l’avertit que si la France, de par ses engagements, est amenée à prendre part aux hostilités contre l’Allemagne, alors l’Angleterre sera obligée de soutenir la France. Vers 13 heures, après le départ de Wilson, Hitler ordonne que les unités prévues pour attaquer la Tchécoslovaquie gagnent les bases avancées sur la frontière tchèque et soient prêtes à attaquer pour le 30 septembre. Dans l’après-midi, Horace Wilson est de retour à Londres. Sur base des nouvelles que celui-ci apporte, Chamberlain s’adresse à Benes en l’informant que l’armée allemande avait reçu l’ordre d’entrer en Tchécoslovaquie si le lendemain, le 28.09.38, à 14 heures, le gouvernement tchèque n’avait pas accepté les conditions allemandes. Il envoie même un deuxième message, en proposant à Benes d’accepter une occupation militaire limitée, à la date du 1er octobre (les régions d’Eger et d’Asch), suivie d’une délimitation du territoire devant être remis aux Allemands. Vers 20 h 30, discours de Chamberlain à la radio. Il se demande pourquoi l’Angleterre se prépare à la guerre ‘’à cause d’une querelle surgie dans un pays lointain, entre des gens dont nous ne connaissons rien !‘’. Vers 22 h 30, Chamberlain reçoit un message de Hitler. Celui-ci se dit prêt à ‘’donner une garantie formelle en ce qui concerne le reste du territoire tchécoslovaque‘’ (si les Tchèques résistent, c’est parce qu’ils espèrent déclencher une guerre européenne, avec l’aide de la France et de la Grande-Bretagne). Chamberlain répond qu’il peut se rendre en Allemagne pour discuter les dispositions à prendre ‘’en vue de la cession‘’.
Allemagne, Grande-Bretagne
27 Sept
1938
RU
Arrestation de Serguei Korolev, spécialiste des fusées. Accusé ‘’d’activités contre-révolutionnaires‘’, il est condamné à 10 ans de camp de travail.
Russie